Aspects génétiques du syndrome de Williams

Auteur: Dr N.Revencu des Cliniques Universitaires St-Luc  - colloque du 26.11.2011 à Bruxelles

Le syndrome de Williams ou syndrome de Williams-Beuren est une affection génétique rare avec une incidence (nombre de nouveaux cas par an) d’environ 1/10.000.
Environ 10 à 12 enfants avec un syndrome de Williams naissent donc en Belgique chaque année. Le syndrome se caractérise principalement par des traits particuliers au niveau du visage, un retard psychomoteur, une atteinte cardio-vasculaire, un profil cognitif et comportemental spécifique, une atteinte endocrinienne. D’autres problèmes peuvent être localisés au niveau des reins, de l’audition, de la vision, du squelette, etc.
Le syndrome est causé par l’absence (délétion) d’une toute petite partie de matériel génétique sur le bras long du chromosome 7. Cette délétion est trop petite pour être vue au microscope (analyse des chromosomes ; caryotype ; Figure 1), raison pour laquelle on dit que le syndrome de Williams est un syndrome microdélétionnel.

Figure 1 : analyse des chromosomes – caryotype normal de sexe masculin

Le diagnostic nécessite donc une reconnaissance clinique suivie d’un test ciblé. La reconnaissance clinique n’est pas toujours facile car il s’agit d’une affection rare avec une certaine variabilité clinique entre les patients. Le diagnostic de certitude est posé par la recherche de la délétion par : FISH (fluorescence in situ hybridization ; Figure 2), MLPA (multiplex ligation-dependent probe amplification), caryotype moléculaire, ...
. Le diagnostic nécessite une prise de sang.

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Figure 2 : Diagnostic de syndrome de Williams par FISH. Sonde verte – sonde contrôle pour repérer le chromosome 7 (2 spots) ; sonde rouge – région Williams (1 spot) (Pober BR : N Engl J Med. 2010 Jan 21;362(3):239-52)

Le syndrome de Williams est le plus souvent sporadique, ce qui signifie qu’il est présent chez l’enfant, mais n’a pas été transmis ni par la mère ni par le père. Quelques rares cas familiaux ont été, néanmoins, décrits. Par contre, pour une personne atteinte le risque de transmettre l’affection à la descendance est de 50%. La délétion peut se situer aussi bien sur le chromosome 7 transmis par la mère, que sur le chromosome 7 transmis par le père.
A l’heure actuelle on estime le nombre de gènes délétés à environ 28 (Tableau 1). Ceci signifie que les patients avec un syndrome de Williams ont une seule copie de ces gènes (sur le chromosome 7 normal). Il est bien connu que pour toute une série de gènes une seule copie fonctionnelle est compatible avec une vie normale. Certains gènes inclus dans la délétion n’ont peut-être aucun impact clinique. Chez un faible pourcentage de patients la délétion est plus petite ou plus grande et contient donc moins ou plus de gènes.

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Tableau 1. Gènes inclus dans la délétion (Schubert C. Cell Mol Life Sci. 2009
Apr;66(7):1178-97)

La caractérisation des gènes inclus dans la délétion est importante pour la compréhension des mécanismes de l’affection, une corrélation avec la clinique et le développement des traitements ciblés. Le gène le plus étudié est le gène de l’élastine (ELN ; Tableau 2). Ce gène joue un rôle important dans le tissu de soutien (tissu conjonctif) et il est responsable de l’atteinte vasculaire et probablement du risque augmenté d’hernie inguinale et de vieillissement précoce observé chez les patients avec un syndrome de Williams.
Le rôle des autres gènes est déduit soit sur base des symptômes des patients avec une délétion plus petite soit sur base des études réalisées chez les animaux (souris). Il a été proposé que :
- BAZ1B pourrait contribuer à l’hypercalcémie
- STX1A pourrait jouer un rôle dans l’intolérance glucidique qui peut apparaitre avec l’âge
- LIMK1 semble intervenir dans les anomalies de repère dans l’espace, mais cette hypothèse est controversée à l’heure actuelle
- CLIP2 pourrait jouer un rôle dans le développement moteur et cognitif
- GTF2IRD1 et GTF2I semblent jouer un rôle dans le développement dentaire, développement de la face, le comportement et le déficit cognitif

 Tableau 2 : Gènes actuellement impliqués dans le phénotype associé au syndrome de Williams.
(Pober BR, N Engl J Med. 2010 Jan 21;362(3):239-52)

Références :
1. Williams-Beuren syndrome. Pober BR, N Engl J Med. 2010 Jan 21;362(3):239-52
2. The genomic basis of the Williams-Beuren syndrome. Schubert C. Cell Mol Life Sci. 2009 Apr;66(7):1178-97.

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Le rôle des cellules et des chromosomes

Auteur: Dr Croquette - CHU de Lille - Présenté lors du colloque de Lille en 2004

Les cellules

Chaque être humain est constitué d'éléments vivants appelés cellules. Les cellules sont tellement petites qu'elles ne sont visibles qu'avec un microscope.
Il y a différentes sortes de cellules qui ont chacune des
fonctions différentes. Les milliers de cellules du muscle cardiaque se chargent du fonctionnement du cœur. 

Les cellules nerveuses dirigent les mouvements des membres et nous permettent de sentir. Les cellules osseuses construisent les os, les cellules cutanées forment la peau, etc.

Le noyau

Dans presque toutes les cellules vivantes il y a un noyau. Ce noyau contient de longs filaments d'une substance appelée ADN. C'est dans une partie de l'ADN, les gènes, que l'information héréditaire est stockée.

Les chromosomes

L'ADN est emmagasiné dans de petits paquets: les chromosomes. Les chromosomes se différencient par leur longueur et par des bandes d'épaisseurs différentes qui apparaissent après l'application de certaines techniques de coloration. Chaque paire a été numérotée. Dans chaque noyau cellulaire se trouvent habituellement 23 paires de chromosomes (donc un total de 46 chromosomes).

Les caractères héréditaires sont transmis par les chromosomes. Les caractéristiques du père sont transmises par les chromosomes du spermatozoïde. Les caractéristiques de la mère par les chromosomes de l'ovule. La combinaison des chromosomes du père et de la mère dans l'ovule fécondé déterminera les caractéristiques héréditaires de l'enfant.

C'est une division cellulaire particulière (la méiose) dans les organes génitaux qui est à l'origine du spermatozoïde et de l'ovule. Lors de cette division cellulaire le nombre de chromosomes est réduit de moitié. Les spermatozoïdes et les ovules n'ont chacun que 23 chromosomes, un de chaque paire. 
Après la fécondation de l'ovule par le spermatozoïde, l'ovule fécondé a 23 paires de chromosomes, constituées des 23 chromosomes du père et des 23 de la mère, donc 46 chromosomes au total.

 

 

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