Colloque de Lille : génétique  

Dr CROQUETTE  
Généticienne


Introduction
Qu'est-ce qu'une cellule ?
Qu'est-ce qu'un gène?
Le phénotype et le génotype

Le diagnostic anténatal 

Les voies de la recherche

Pour comprendre quelques notions élémentaires à propos du code génétique

La thérapie

Le Débat

Question 1: Donc, on a évoqué les cas des syndromes associés aux origines génétiques dont particulièrement le syndrome de West, j’avais une question par rapport aux tendances autistiques souvent observées en association avec le syndrome de Williams, qu’en est-il d’une hypothèse génétique également ?  
Question 2:
je voudrais savoir quel est le risque pour l’enfant, si j’ai le syndrome de Williams ?
 
Question 3:
vous parlez dans votre présentation, de la documentation, et donc du petit livret « adultes et enfant » que nous connaissons, Au-delà de cela, il me semblerait important de récupérer si vous le permettez votre présentation, ainsi que celle de Mme PANDIT, via les associations pour pouvoir à un niveau supérieur informer les spécialistes de l’avancée des travaux et du vocabulaire très particulier que vous employez et qu’on est incapable de reproduire. Par rapport à la remarque tout à l’heure d’un parent, concernant la difficulté que nous avons à discuter avec les spécialistes, les professionnels il est important d’avoir des écrits de votre part permettant de leur montrer exactement de quoi il en ressort et qu’elles sont les difficultés très précises pour nos enfants
 
Question 4 :
votre proposition est très sympathique, et évidemment, c’est l’idéal. Aujourd’hui, sur le terrain, je pense que lorsqu’on habite en Bretagne, comme moi, mais cela doit être vrai dans le centre de la France ou n’importe ou ailleurs, on est confronté, tous les jours, lors d’une participation de commission de  CDES que j’ai participé récemment, lorsqu’on rencontre l’Inspecteur d’académie, pour moi la semaine prochaine, ou voir le député, ou des gens qui travaillent dans ce système là pour avoir des moyens, parce qu’on n’a pas de moyens, malheureusement je pense que je n’aurai pas accès facilement à l’aide d’un spécialiste pour venir parler de cela avec moi, parce que l’on est tous confronté à cela j’imagine et c’est pour cela que je me permets d’insister auprès de l’association, mais qu’on puisse avoir vos présentations qui sont très compréhensibles d’une part, et de celles des autres également  
Question 5 :
est-ce que pour les frères et les sœurs d’enfants atteints, y a-t-il plus de risque d’avoir un enfant Williams, à priori non, mais est-ce qu’il faut qu’il précise lorsqu’ils seront en âge d’avoir des enfants ?
Question 6:
au sujet des histoires d’inversion et de duplicons ?
 
Question 7:
on voit bien que l’origine du syndrome de Williams, c’est cette délétion sur le chromosome 7, lorsqu’on a fait le diagnostic chez nous, on a parlé de néo-mutation au moment de la division cellulaire, ma question pose sur l’origine, la cause de cette néo-mutation, est-ce qu’il existe des hypothèses par rapport à cette cause, est-ce que à votre connaissance les cardiologues d’Ukraine, de Biélorussie, etc… ? On n’aurait pas décelé un plus grand nombre de naissance avec des problèmes de pathologies cardiaques associées au syndrome de Williams dans les années 90 ? Est-ce que  cela peut avoir un lien avec la cause de notre environnement ? On évoque toujours l’accident de Tchernobyl
Question 8:
mais l’origine accidentelle, a-t-elle un lien avec notre environnement ?
 
Question 9:
existe-t-il déjà des adultes porteurs du syndrome de Williams qui ont eu des enfants ?

Question 10:
je voudrai parler sur les duplicons et les inversions. Moi, j’ai un enfant syndrome de Williams, et ma sœur a un enfant qui a un problème génétique, mais qui n’est pas le syndrome de Williams, je me demande si nos enfants ne devraient pas faire plus attention ?  

Introduction

J’ai commencé la cytogénétique en 1965. A la même époque, le Pr NUYTS, le Pr VALLEE, et le Dr BREVIERE démarraient et développaient chacun leur discipline. Neuropédiatrie, Cardiologie infantile et Cytogénétique ont été intimement unies grâce à l’entente, la confiance et le souci commun du bien de nos patients qui motivaient chacun d’entre nous. Nous avons passé 30 années vraiment extraordinaires. Grâce à cette multi complémentarité 4 associations, comme la vôtre, sont parties de LILLE en Juin 1997.  

Cette manifestation me donne l’occasion de dire  un immense merci à tous mes confrères, pour tout ce qu’ils ont fait.

Qu’est ce qu’une cellule ?
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Une cellule
….. , Nous démarrons avec 1 cellule qui comprend les 23 chromosomes, apportés par le spermatozoïde et les 23 chromosomes apportés par l’ovule. Cette cellule va se diviser pour aboutir à des milliards de cellules qui vont toutes s’organiser en fonction du programme génétique écrit sur les chromosomes, pour constituer un foie, un cœur, un cerveau…. Le programme génétique comprend également le fonctionnement de ces différents organes, la défense vis à vis des agressions, la mort des cellules, leur régénération………  

La cellule comprend un noyau et dans ce noyau, vous avez les chromosomes ; les chromosomes sont des fins filaments : c’est l’ADN (acide désoxyribonucléique). L’ADN est le support de toute notre hérédité et sur cet ADN, se trouvent les gènes.
 

Qu’est ce qu’un gène ? début de page
Le gène représente une unité de fonction localisée sur cet ADN. Il contient un message qu’il va transmettre à une autre structure : l’ARN messager : c’est l’étape de la transcription. Cet ARN messager peut être comparé à une bande magnétique. Le ruban d’ARN messager va passer dans » la tête du magnétophone « (le ribosome) et être lu. Il y a tout un message, qui est codé, selon un code appelé : le « code génétique ». Le message va être traduit pour fabriquer une protéine ; c’est la traduction.

En résumé : la bande magnétique c’est l’ARN  messager, et la musique qui est produite par la bande magnétique c’est la protéine.
 

Les chromosomes
: ils sont visibles en mettant en œuvre différentes techniques de cytogénétique pour aboutir à l’étude du caryotype. La cytogénétique est donc la discipline dont relève l’étude des chromosomes. Les techniques de cytogénétique se sont considérablement améliorées au cours du temps. Lorsque j’ai commencé en 1964, les chromosomes observés au microscope étaient « des petits boudins tout noirs ». Ils étaient colorés de façon  homogène, et n’avaient pas de bande ; puis aux environs de 1972, sont apparus les premiers « marquages », appelés banding.  

Sur cette diapositive, vous voyez un chromosome 7 qui a un certain marquage et puis, vous voyez le même chromosome marqué différemment, qu’on appelle le marquage « G », très utilisé aux Etats-Unis, en Angleterre. Par contre le marquage « R » qui est inverse, est surtout utilisé dans les laboratoires français. Il est plus difficile à obtenir et demande beaucoup plus de temps pour sa réalisation mais il a le grand avantage de colorer de façon très précise l’extrémité des chromosomes appelé télomère. Or les anomalies des chromosomes se trouvent beaucoup plus fréquemment au niveau des extrémités.


Les 2 systèmes de marquage (G et R) sont inverses. Vous voyez ici, le chromosome situé à l’extrême droite beaucoup plus long et fin que les autres. C’est toujours un chromosome 7 mais qui a subi une élongation. Le chromosome peut être comparé à un ressort qu’il est possible de débobiner. En le débobinant et en effectuant des techniques de marquage, nous obtenons 3 à 4 fois plus de bandes que précédemment. En technique standard sur l’ensemble des 23  chromosomes il est possible d’observer au maximum 550 bandes; dans le marquage en haute définition il est possible d’observer de 800 à 1000 bandes. Je me souviens avoir passer des heures et des heures pour étudier les chromosomes d’enfants atteints du syndrome de Williams, que m’envoyait le Professeur DUPUIS, pour essayer de trouver où pouvait bien se trouver le fameux « trou ». On ne savait pas encore à cette époque  que l’affection était localisée sur le chromosome 7   ; je n’ai jamais rien trouvé parce que la délétion (le trou) est beaucoup trop petite.  Même sur des chromosomes 7 de très haute définition, la délétion n’a jamais été mise en évidence. Donc, le  caryotype n’est pas l’examen qui va pouvoir confirmer le diagnostic clinique. Je ne dirai pas qu’il sert à rien, car dans le cas où il s’agirait d’une autre anomalie chromosomique qui aurait des signes en commun avec le S de Williams ,l’utilisation de la sonde spécifique du S de Williams indispensable pour faire ce diagnostic ,ferait méconnaître une autre anomalie chromosomique.  

Le caryotype
 : c’est le montage des chromosomes, mis paire par paire, classés du plus grand jusqu’au plus petit. Ci-dessous vous avez, par exemple 3 chromosomes 8, qu’on appelle une trisomie 8, associé à une trisomie 12, donc c’est un caryotype anormal.

Le phénotype et le génotype
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Le phénotype c’est que l’on voit : toutes les malformations, tous les signes cliniques, et puis, il y a également ce que nous appelons le phénotype comportemental qui étudie les différents traits du comportement

Grâce aux techniques d’hybridation in situ à l’aide de sondes moléculaires spécifiques d’un syndrome donné, toute une série de syndromes dits à phénotype comportemental (le syndrome de Smith Magenis, le syndrome de Di George, et le syndrome de Williams…) ont pu être découverts. Dans ces différents syndromes il existe un comportement  qui est propre donc spécifique à chaque syndrome. Par exemple dans le syndrome de Williams, le sentiment d’insécurité, qui peut donner des traits dits autistiques la grande angoisse, l’hypersensibilité affective, l’hypersensibilité au bruit … toutes ces particularités font partie du phénotype comportemental. Forts de cette connaissance,  et étant donné la grande sensibilité, la grande affectivité, la bonne compréhension des sujets porteurs du S de Williams, il faut être très prudent en ce qui concerne tout ce qui est dit devant eux, toujours les rassurer et surtout faire en sorte qu’ils soient fiers d’eux.  
 

Pour faire le diagnostic, il faut utiliser une sonde fluorescente. Cette sonde contient le petit fragment de chromosome 7 qui, absent, est responsable du syndrome de Williams La sonde est déposée sur la préparation chromosomique. De plus une autre sonde marque le bout du bras long des chromosomes. 7. Si la sonde spécifique brille cela veut dire que la partie est bien là, donc on doit avoir 2 points brillants  plus les deux points brillants des extrémités . Si on a qu’1 seul  point brillant avec la sonde du Williams, on peut dire qu’il y a un syndrome de Williams, .Cette nouvelle technique, qu’on appelle technique de « FISH «  est indispensable pour faire le diagnostic du syndrome de Williams


De 1961 à 1993, aucun marqueur biologique ne permettait de confirmer le diagnostic clinique d’un Syndrome de Williams. Par contre, en 1993, quand a été découverte une anomalie de l’élastine, et que cette anomalie du gène de l’élastine se trouvait sur le chromosome 7, on a tout de suite fait la relation avec la sténose supra valvulaire, les troubles de l’élastine et la localisation sur ce chromosome 7. Le gène de l’élastine, le syndrome de Williams ont pu être localisés dans la région q11.23du bras long du chromosome 7. Le compte- rendu des résultats de cytogénétique se fait selon les règles d’une nomenclature internationale. Dans cette nomenclature,   le symbole du bras long est « q » celui du bras court est« p ». Tout au long de ces bras se trouvent des bornes appelées bandes. Les bandes sont divisées en sous bandes et sous-sous bandes, symbolisées par des chiffres. La délétion en 7q11.23 signifie une perte de matériel au niveau du bras long (q) dans la bande 1, sous bande 1, sous-sous bande 2, sous-sous-sous bande 3. Il suffit qu’un seul chromosome 7 ait perdu cette région pour que le phénotype s’exprime.  

Trisomie 8 et 12  

Bien que la délétion soit très petite (puisque qu’on ne peut pas la voir avec l’œil), elle contiendrait tout de même 19 gènes, certainement plus). Je vous rappelle que le gène représente une unité de fonction dont la transcription et la traduction vont aboutir à la production d’une protéine. 90 %, de ces 19 gènes sont connus, cependant il y a d’autres gènes inconnus et qui sont impliqués dans ce syndrome. La taille  de la délétion peut varier ; cependant la plupart des enfants Williams ont une délétion qui tourne aux alentours de 1,5 Mb. (1,5 millions de paires de bases)

Pour certains patients, qui ont le phénotype, c'est-à-dire les signes cliniques du syndrome de Williams aucune délétion n’a été mise en évidence. Ces patients que les associations sont susceptibles de repérer, représentent la voie qui permettra de trouver le gène ou les gènes parmi ces 19, (voire ces 25 puisqu’il y en a qu’on ne connaît pas) qui sont importants. Ceci devrait nous permettre de faire le tri dans les gènes responsables du phénotype, du phénotype comportemental.

Cette perte est une perte accidentelle. Elle s’est faite soit, au niveau du chromosome 7 qui venait du spermatozoïde, soit au niveau du chromosome 7 qui venait de l’ovule ; il n’y a pas ce que l’on appelle « d’empreinte parentale », ceci signifie : que la perte  vienne du chromosome 7 d’origine maternelle ou du chromosome 7 d’origine paternelle, le phénotype, (l’expression clinique) sera identique.
     

Le risque de récidive est très faible puisque la perte se fait dans le spermatozoïde ou l’ovule qui a donc donné lieu à l’embryon ; on a de très rares cas familiaux. Ils sont très exceptionnels. Ils peuvent s’expliquer par l’existence d’une « mosaïque germinale », Qu’est- ce qu’une mosaïque germinale ? L’étude des chromosomes est dans la majorité des cas exécutée à partir des cellules sanguines (lymphocytes) et à partir d’une prise de sang. Cependant l’étude du caryotype peut se faire à partir de cellules de n’importe quel organe (peau, foie, ovaire, testicule…) .Il arrive que les caryotypes soient différents d’un tissu à l’autre. De plus pour un même tissu, il est possible d’observer des cellules qui ont une formule chromosomique différente. Ceci veut dire qu’il se peut très bien qu’au niveau du testicule ou de l’ovaire il y ait quelques cellules germinales où un chromosome 7 ait perdu cette partie qui donne le syndrome de Williams, et c’est pour cette raison que par prudence, en Conseil Génétique, dans tous les syndromes dits accidentels, bien qu’il n’y ait qu’un risque de récidive extrêmement faible, il n’est jamais exclu totalement un autre enfant atteint du Syndrome de Williams dans une même fratrie. 
M
ais à l’heure actuelle l’anomalie étant localisée et pouvant être mise en évidence, il est toujours possible de faire un diagnostic anténatal.


Le diagnostic anténatal
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ses contraintes : la ponction du liquide amniotique se fait environ à 16 semaines de grossesse, il va falloir attendre 15 jours à 3 semaines pour avoir la réponse, parce que l’on ne va pas se contenter de regarder la région 7 q11.23, mais l’ensemble des chromosomes va être examiné ;
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ses risques : il y a 1 % de perte fœtal (fausse-couche) à chaque ponction, cela veut dire que par le geste de la ponction le risque de perte fœtale est supérieur au taux de récidive d’un enfant qui a le syndrome de Williams ;
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ses possibilités : répondre sur l’existence ou non de la présence d’un fœtus atteint du syndrome de Williams 
*       ses limites : tous les syndromes microdélétionnels ne peuvent être vus par cette technique, c'est-à-dire qu’il y a toute une partie des anomalies qui nous échappent (parce qu’elles sont de trop petite taille) pour être dépistées par un caryotype standard et non de haute définition. Donc le résultat est extrêmement limité. De plus il faut savoir que sur 100 enfants qui ont une déficience ou un retard mental la cause est connue seulement dans 50 %des cas : une fois sur deux la cause demeure inconnue et l’enfant a un retard inexpliqué. Ceci pour vous dire, qu’en diagnostic anténatal, le résultat du caryotype ne vous dira jamais, caryotype normal= enfant normal, la réponse sera « absence d’anomalie chromosomique dans le nombre de cellules examinées sur le tissu examiné ».  
Pour en terminer avec le Conseil Génétique, la personne qui a le syndrome de Williams, a l’un de ces 2 chromosomes 7, où il y a délétion. La probabilité pour qu’elle donne ce chromosome 7 à son enfant, est de 1 sur 2, donc 50 %.
 

Les voies de la recherche
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Première voie de recherche : trouver la fonction des gènes perdus : 19 connus. A quoi servent ces gènes, que fabriquent-ils ?, dans quel processus sont-ils impliqués ? Plus on avance en recherche génétique, plus on réalise la cascade du nombre de gènes qui interfèrent, c'est-à-dire que pour étudier un seul gène on est obligé quelque fois de remonter beaucoup plus haut pour connaître sa fonction, et  cela n’est pas facile.


Deuxième voie de recherche
 : il y a une grosse étude qui est faite par mon ami, Perez Jurado de BARCELONE, qui est un chercheur très impliqué dans le syndrome de Williams. Il a déjà publié des travaux très importants et très intéressants. Son but est de faire la corrélation entre le phénotype, (signes cliniques qu’exprime l’enfant) et la taille de la délétion ; tout à l’heure le Pr VALLEE indiquait que le syndrome de West est peut-être associé dans un faible nombre de cas au syndrome de Williams, parce que le gène ou les gènes responsables du syndrome sont très proches, c'est-à-dire que le « trou » est un peu plus grand, soit au dessus, soit en dessous. Les gènes provoquant ces 2 syndromes son peut-être contigus.

Il faut maintenant, établir le mécanisme moléculaire : Pourquoi, dans cette région là se produit une perte de matériel ? L’existence de régions répétées appelées duplicons découvertes dans cette région apporte l’explication.

Pour comprendre quelques notions élémentaires à propos du code génétique. début de page
Le code génétique est comme un livre. Vous avez des successions de lettres formant des mots, des phrases coupées par des points, des chapitres. Pour arrêter la lecture de cette bande magnétique vous avez ce qu’on appelle un « codon stop », cela veut dire que la bande s’arrête à cet endroit là,  arrêtant la fabrication de la protéine.

Le code génétique n’a besoin que de 4 lettres A T C G  première lettre des 4 bases nucléiques; ces lettres marchent 3 par 3  sur les montants de l’échelle en spirale que représente l’ADN. ( A-T-G ; C-G-G …), on peut avoir des séries de répétition dans cette région, appelés « duplicons » par exemple 10 fois en suivant CGG,CGG,CGG.

Quand les chromosomes vont devoir s’apparier, dans les cellules testiculaires ou ovariennes pour aboutir à la formation du spermatozoïde ou de l’ovule, les chromosomes de la même paire doivent se mettre parfaitement l’un en face de l’autre, gène devant gène. Etant donné l’existence de cette zone répétée, il peut y avoir un décalage dans l’appariement. Ce mécanisme explique aussi bien la perte que le gain de matériel chromosomique. Il y a perte dans le syndrome de Williams, et le syndrome « qui correspond au gain du matériel perdu dans le Syndrome de Williams a été décrit, ceci validant la thèse du mécanisme passant part les duplicons.


Troisième voie de recherche
 : le modèle animal qui marche très bien, cependant tout ne peut être extrapolé de la souris à l’homme. Actuellement, on a plusieurs souris, qu’on appelle « Knock Out », c'est-à-dire qu’on arrive à leur neutraliser un gène puis on étudie le phénotype, comment elles expriment la suppression de tel ou tel gène ; donc, là il y a tout un travail, je connais surtout ceux de Perez Jurado qui étudie la fonction de ces gènes, grâce à des modèles animaux en supprimant gène après gène, chez la souris.

Parmi ces 19 gênes connus, 1 seul celui de l’élastine, donc le gêne E-L-N a une fonction certaine et connue ; le but de la recherche, est de trouver ce que font les gènes restants et surtout découvrir ceux qu’on a pas encore identifiés mais suspectés. Voici les 19 gènes connus ; c’est seulement pour vous montrer la complexité de la chose : le gène, la protéine qu’il produit, la fonction supposée, mais encore une fois, à part le gène E-L-N , de l’élastine,  pour le reste  tout n’est que supposition


La thérapie
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La recherche, c’est très bien, mais, je pense que la thérapie, commence avec la prise en charge de tous les jours. Je voudrais, ici, montrer comment les associations par la rédaction de ces 2 petits livrets peuvent avoir un rôle important dans la prise en charge  La fragmentation des intervenants et le manque de communication étaient évoqués précédemment : je pense qu’il y a quelque chose de très simple pour essayer de remédier à cela, c’est de proposer à chaque fois que vous le pouvez, ces petits livrets édités par votre association à tous les soignants qui prennent en charge votre enfant. Et, une fois que les professionnels lisent dans le livret les conseils de prise en charge, les choses s’améliorent. Je pense que c’est à vous, par ces documents, de faire la formation des intervenants. L’importance des associations est capitale, parce que d’abord elle permet d’aider à la recherche, tous les cas exceptionnels, sans délétion par exemple, les chercheurs en sont avides, c’est souvent par les associations qu’ils sont repérés, importance aussi des associations puisque c’est par elles  que se fait la diffusion de l’information.


Les parents connaissent bien mieux leurs enfants que les professionnels ; chaque enfant est unique et il est à prendre en charge avec tout son potentiel,  la description du syndrome donne un profil commun aux enfants atteints du syndrome cependant c’est vous parents qui détenez le secret sur toutes les potentialités personnelles de votre enfant. Il est donc  très important, d’essayer de communiquer à tous les intervenants toutes ces informations.


La prise en charge spécifique : un exemple, je vais seulement citer le travail qu’Aurélien DUMONT a fait et dont je viens de lire le mémoire sur l’art thérapie par la musique. Quand il mentionne qu’un adulte de 33 ans passe de 1 mm d’attention à la 1ère séance pour terminer à soutenir l’attention dans l’apprentissage de la musique à 30 mm en fin de la prise en charge, je pense qu’il est toujours possible de faire progresser qui que ce soit : il faut y croire. Aurélien DUMONT les a pris vraiment individuellement, il a fait son programme et la prise en charge, en fonction du profil psychoaffectif de chacun. C’est à ce prix qu’il est possible de faire progresser même des adultes. Je pense que toute personne est perfectible, le tout c’est d’y croire : il faut la prendre en fonction de sa personnalité.


La thérapie génique
ce n’est  pas pour demain, vous avez vu que 19 gènes, étaient en jeu. Remplacer un gène, même quand une maladie comme le Syndrome de l’X fragile dépend d’1 seul gène s’avère encore à ce jour impossible. La thérapie génique suppose que toutes les cellules de l’organe le cerveau essentiellement, soient inondées et touchées par un virus vecteur du gène normal. Il faut déjà trouver un virus qui ne soit pas pathogène pour le tissu cérébral, donc, je pense qu’en attendant une thérapie génique qui se profile tout de même très loin dans le futur, il y a encore beaucoup de choses à résoudre, la 1ère des thérapies, c’est que les enfants et les adultes soient pris en charge en fonction de leur phénotype comportemental qu’on connaît bien et quand on prend en compte ce phénotype comportemental, on a des résultats extraordinaires.  

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DEBAT

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Question 1 : Donc, on a évoqué les cas des syndromes associés aux origines génétiques dont particulièrement le syndrome de West, j’avais une question par rapport aux tendances autistiques souvent observées en association avec le syndrome de Williams, qu’en est-il d’une hypothèse génétique également ? début de page

Dr CROQUETTE  : tout à l’heure je répondais à une maman que l’autisme est en train d’être complètement démantelé ; nous connaissons de plus en plus de causes pouvant expliquer les traits autistiques présents chez un enfant. . Je vais prendre comme exemple le syndrome de l’X fragile que je connais très bien. Selon les publications concernant ce sujet les chiffres statistiques dans différentes séries concernant autisme et X fragile peuvent varier de 8 à 25%. Pour moi le terme autisme n’a de valeur que celle de la personne compétente qui en a fait le diagnostic en respectant les critères imposés par le DSM IV. Le terme autisme est souvent prononcé hâtivement avec les graves conséquences que cela comporte pour les parents. Je  préfère les termes traits autistiques, troubles envahissant du développement. Dans tous les syndromes où il y a anxiété, angoisse, troubles de la communication … nous observons des enfants qui présentent des traits autistiques. Le plus souvent, des stéréotypies manuelles, des stéréotypies verbales, traduisant leur angoisse, sont observées. Dans le syndrome de Williams, l’anxiété, la grande tension interne, l’hypersensibilité peuvent expliquer que certains enfants puissent présenter des traits autistiques comme dans le Syndrome de l’X fragile. Parler d’autisme, cela non ! Je refuse ! Dans certains syndromes où beaucoup d’enfant ont été qualifié d’autistes, les avis divergent : en reprenant les critères obligatoires, ils ont une très bonne communication par le regard, ils viennent vous chercher par la main ce qui n’est pas habituel dans l’autisme. Ce diagnostic ne peut être posé que par des spécialistes après étude minutieuse des critères reconnus internationalement.

Le syndrome de West, le Pr VALLEE vous l’a dit, c’est rare, peut-être que la délétion est plus grande et emporte donc des gènes proches mais à l’heure actuelle inconnus.  

Question 2: je voudrai savoir quel est le risque pour l’enfant, si j’ai le syndrome de Williams ?  
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DR CROQUETTE : vous avez 2 chromosomes 7, l’un normal l’autre présentant une petite perte de matériel chromosomique. Un seul chromosome 7 sera donné à l’enfant selon le hasard. C’est une loterie. Il y a une chance sur 2 pour que vous donniez le 7 normal mais un risque sur 2 de donner le chromosome anormal. Dans ce dernier cas l’enfant sera atteint du syndrome de Williams. Vous avez donc 50% de risque de transmettre le syndrome de Williams. Dans le cas où vous transmettez le 7 normal, l’enfant a les mêmes risques que n’importe qui d’avoir d’autres anomalies. Il est impossible d’affirmer que l’enfant à naître sera normal. Aucun test ne permettra jamais une telle affirmation. Il existe toujours la possibilité de demander un diagnostic anténatal. Cette décision est très délicate et exige au préalable un long entretien.

Question 3: vous parlez dans votre présentation, de la documentation, et donc du petit livret « adultes et enfant » que nous connaissons, Au-delà de cela, il me semblerait important de récupérer si vous le permettez votre présentation, ainsi que celle de Mme PANDIT, via les associations pour pouvoir à un niveau supérieur informer les spécialistes de l’avancée des travaux et du vocabulaire très particulier que vous employez et qu’on est incapable de reproduire. Par rapport à la remarque tout à l’heure d’un parent, concernant la difficulté que nous avons à discuter avec les spécialistes, les professionnels il est important d’avoir des écrits de votre part permettant de leur montrer exactement de quoi il en ressort et qu’elles sont les difficultés très précises pour nos enfants début de page

DR CROQUETTE : je suis tout à fait d’accord pour donner les supports des différentes interventions. Je pense qu’il y a quelque chose de beaucoup plus efficace, ce sont les conseils scientifiques. Faisant partie de 6 conseils scientifiques d’associations de maladies rares, je pense que c’est notre rôle de conseiller que de communiquer avec les différents intervenants quand une famille nous interpelle pour un problème. C’est toujours très efficace et bien perçu. Les médecins de caisse de Sécurité Sociale m’ont toujours très bien accueillie et notre entretien a été souvent l’occasion d’échanges à propos d’autres syndromes. Aller en commissions et assister les parents est souvent bénéfique. Quand votre dossier passe en CDES ou en COTOREP, votre droit est de pouvoir assister à ces commissions et là vous avez intérêt à ne pas y aller seul et y aller avec quelqu’un qui connaît le syndrome ; j’essaye d’aider dans des dossiers où il y a litige.  Je rencontre rarement de la mauvaise volonté,  mais surtout un manque de temps, un manque d’informations et lorsque vous allez avec quelque chose de consistant vous êtes souvent bien reçu ; la dernière fois au Tribunal Administratif, le Président m’a dit « laissez nous tous les documents, cela va nous servir », Je pense que vous avez intérêt à vous faire aider par les membres du Conseil Scientifique et surtout à créer vous parents d’associations, le « réseau », c'est-à-dire que si vous avez des intervenants dans telle région, qui ont fait vraiment des choses formidables, créez vous un réseau d’adresses de professionnels qui s’intéressent au syndrome.

                        C’est par vous qu’on fera le réseau, ce n’est pas par moi !

Question 4: votre proposition est très sympathique, et évidemment, c’est l’idéal. Aujourd’hui, sur le terrain, je pense que lorsqu’on habite en Bretagne, comme moi, mais cela doit être vrai dans le centre de la France ou n’importe ou ailleurs, on est confronté, tous les jours, lors d’une participation de commission de  CDES que j’ai participé récemment, lorsqu’on rencontre l’Inspecteur d’académie, pour moi la semaine prochaine, ou voir le député, ou des gens qui travaillent dans ce système là pour avoir des moyens, parce qu’on n’a pas de moyens, malheureusement je pense que je n’aurai pas accès facilement à l’aide d’un spécialiste pour venir parler de cela avec moi, parce que l’on est tous confronté à cela j’imagine et c’est pour cela que je me permets d’insister auprès de l’association, mais qu’on puisse avoir vos présentations qui sont très compréhensibles d’une part, et de celles des autres également début de page

Dr CROQUETTE : je suis d’accord, mais, lorsqu’il y a un gros problème, je pense qu’un échange avec l’intéressé : médecin de la CDES, médecin de la COTOREP médecin de Sécurité Sociale, est ce qu’il y a de plus efficace. Il n’y a pas besoin d’être sur place pour communiquer et pour expliquer le syndrome.  

Question 5: est-ce que pour les frères et les sœurs d’enfants atteints, y a-t-il plus de risque d’avoir un enfant Williams, à priori non, mais est-ce qu’il faut qu’il précise lorsqu’ils seront en âge d’avoir des enfants ? début de page

DR CROQUETTE : Non, pour les frères et sœurs. Par mesure de prudence, on fait ce qu’on appelle la technique de « FISH », hybridation in situ, aux parents ;  actuellement, il n’y a aucun cas, de sujet non atteint et porteur de la délétion 7q11.23. Ce n’est pas comme dans le syndrome de Di George où 1 des parents dans 10 % des cas peut avoir la même délétion sans l’exprimer. Dans le syndrome de Williams ceci n’a pas été observé. On vérifie quand même que les 2 chromosomes 7 des parents n’ont pas de délétion, de perte de matériel. Si les parents n’ont rien, leurs enfants, donc les frères et sœurs du sujet Williams, n’ont pas plus de risque que n’importe qui dans la population générale pour une femme qui procrée de même âge.

Question 6: au sujet des histoires d’inversion et de duplicons ? début de page

DR CROQUETTE : J’ai eu le cas il y a très peu de temps, de détecter cette anomalie chez l’un des parents. J’ai beaucoup discuté avec le chercheur qui avait effectué les analyses. Etant donné que le syndrome de Williams a fait sa preuve de caractère accidentelle et que dans  30 % des cas l’un des parents est porteur d’une inversion, si cette inversion devait être délétère, si elle devait vraiment un caractère nocif, on verrait des récidives au sein d’une même fratrie et de nombreux cas familiaux.. Pour l’instant je pense que cette information n’est pas utile .C’est une constatation, il va falloir expliquer, La priorité doit toujours être donné à la clinique.

 C’est comme pour l’empreinte parentale. Quand on fait une étude en recherche, et on étudie parfois l’empreinte parentale, .Quand il n’y a pas d’effet d’empreinte parentale, c’est à dire que l’expression clinique du syndrome est identique que la perte soit d’origine paternelle ou maternelle, nous n’indiquons pas quel est le parent dont le chromosome a perdu du matériel chromosomique. En effet on aura beau dire aura beau dire, pendant des heures, que cela n’a aucun effet, le parent va se sentir coupable, responsable, et il y a assez de culpabilité comme cela sans en rajouter par des choses qui ne servent à rien. Donc, il y a des résultats qu’on se permet de ne pas rendre.  

Question 7: on voit bien que l’origine du syndrome de Williams, c’est cette délétion sur le chromosome 7, lorsqu’on a fait le diagnostic chez nous, on a parlé de néo-mutation au moment de la division cellulaire, ma question pose sur l’origine, la cause de cette néo-mutation, est-ce qu’il existe des hypothèses par rapport à cette cause, est-ce que à votre connaissance les cardiologues d’Ukraine, de Biélorussie, etc… ? On n’aurait pas décelé un plus grand nombre de naissance avec des problèmes de pathologies cardiaques associées au syndrome de Williams dans les années 90 ? Est-ce que  cela peut avoir un lien avec la cause de notre environnement ? On évoque toujours l’accident de Tchernobyl début de page

DR CROQUETTE : Le chromosome, ce n’est pas quelque chose de statique, il est comme cela, il se transmet ; s’il se transmettait tel quel, sans se casser, sans se remanier, on est tous unique et il peut y avoir des milliards de personnes sur cette planète, le programme génétique et le système fait que l’on est tous unique. Pourquoi ? Parce que les chromosomes se cassent à certains endroits, c’est ce qu’on appelle les « crossing-over », c’est ce qu’on appelle le brassage génétique, vous avez un chromosome qui vient de votre père, un chromosome qui vient de votre mère, vous n’allez pas donner, en bloc, le chromosome qui vient de votre père ou celui qui vient de votre mère, c'est-à-dire qu’au moment de ce qu’on appelle la « méllouse » dans le testicule, au moment de l’appariement de ces 2 chromosomes 7, qui vont devoir se mettre parfaitement gêne devant gêne, l’un en face de l’autre, il va y avoir des remaniements, cela va se casser là, cela va se casser juste en face, cela va prendre un petit bout du chromosome qui vient de votre mère, et puis au-dessous, un petit bout du chromosome qui vient de votre père, il y a ce qu’on appelle un brassage, donc cela casse et cela doit se ressouder correctement. Et cela, c’est le fait qu’on est tous différent.

Si on veut aller plus loin, il est sûr que l’évolution en passant des insectivores, des mammifères, surtout des primates, l’évolution est chromosomique, et lorsque vous regardez des chromosomes de chimpanzé, d’orang-outan, mon ami Bernard DUTRIAUX a énormément travailler là-dessus, il est capable d’expliquer le passage du chromosome de l’orang-outan, du chimpanzé, il n’y a que 2 chromosomes qui différent entre nous et les singes ; comme cela se fait ? Par cassure, inversion, recollement, un morceau de l’un va sur l’autre, c’est du matériel qui bouge, et cela se casse en permanence ; le problème, c’est que quand ça ne se recolle pas, c’est peut-être bien le duplicon, dans certains cas ne favorise pas bien le recollement, c’est comme une ébréchure sur une assiette ; donc, il y a une petite partie qui saute.

Question 8: mais l’origine accidentelle, a-t-elle un lien avec notre environnement ? début de page

DR CROQUETTE : non, parce que la fréquence est pratiquement toujours la même ; elle est la même dans pratiquement tous les pays du monde ;  après Tchernobyl  certains articles avaient parlé d’un excès de naissances d’enfants trisomiques 21 : rien n’a été prouvé et l’information a été démentie. Il y a eu des fausses couches, des grosses malformations embryologiques, mais pas d’excès d’anomalies chromosomiques.  

Président National : je vous voulais juste corroborer sur la notion de réseau, rebondir sur ce qu’à évoqué un adhérent, c’est bien  la raison d’être de l’association nationale de créer ce réseau, relayer par les régions, c’est tout à fait la vocation du colloque aujourd’hui : l’information et la constitution du réseau, des prises de conscience que ce réseau existe,même s’il est perfectible.  

Question 9: existe-t-il déjà des adultes porteurs du syndrome de Williams qui ont eu des enfants ?  
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DR CROQUETTE : je pense qu’il faudra poser la question dans une vingtaine d’années. En effet on parle de plus en plus de la sexualité des personnes déficientes, on parle aussi de plus en plus de la mixité, par exemple, je connais une résidence en Belgique où les jeunes peuvent vivre maintenant en appartements, les adultes vivent ensemble, en couple avec l’assistance des éducateurs qui s’occupent également des plus déficients ; cela est très nouveau..  

Témoignage : le syndrome est caractérisé par une absence d’un chromosome et la façon dont on a pris en charge ces enfants depuis la naissance a produit un effet tout à fait impressionnant, c’est que en 30 ans, 40 ans le quotient intellectuel de ces personnes a été multiplié par 2, c'est-à-dire de l’exclusion à laquelle ils étaient il y a 30 ans, 40 ans, par la meilleure compréhension de leur bonne santé, de leur besoin affectif, de leur besoin rééducatif, de leur besoin pédagogique, ils vont maintenant pour certains d’entre eux à l’université, il y a un lien certainement entre la qualité de la prise en charge quand l’enfant est tout petit, l’information que les parents reçoivent et échangent entre eux, la formation des professionnels des programmes pédagogiques qui soient adaptés aux programmes éducatifs et tout cela optimalise bien évidemment le potentiel de développement, maintenant, pour nous, moi, j’ai vu un jour en pédiatrie à la maternité une maman sourde profonde qui était sans communication orale, qui était triste de voir naître son enfant entendant, parce que pour elle la normalité pour cette femme, avec sa déficience auditive s’était de communiquer comme elle communiquait, et, elle se demandait bien comment elle allait faire pour être une maman suffisamment bonne pour un bébé qui entend, alors qu’elle en n’entend pas. Cela veut dire, que tout, est bien sûr relatif. Il faut voir bien sûr dans quel contexte la société peut se préparer à aider les parentalités, quand cela sera nécessaire. On a déjà de l’expérience dans ce domaine pour certains parents qui présentent des déficiences. début de page 

Témoignage : Je n’ai pas beaucoup de certitude, mais je crois qu’aux Etats-Unis des exemples existent où des enfants atteints du syndrome de Williams se sont mariés avec des possibilités d’enfant ayant le syndrome de Williams aussi. Je pense que c’était une expérience de Mme BELUGGI, entre autres, ou d’un professeur.  

Témoignage : il y a une maman, en France, qui a eu 2 enfants syndrome de Williams, une dame atteinte du syndrome de Williams qui a, je crois, 45 ans…

Dr CROQUETTE : de toute façon la probabilité est de 50 %,  

Question 10: je voudrai parler sur les duplicons et les inversions. Moi, j’ai un enfant syndrome de Williams, et ma sœur a un enfant qui a un problème génétique, mais qui n’est pas le syndrome de Williams, je me demande si nos enfants ne devraient pas faire plus attention ? début de page

DR CROQUETTE : Ils peuvent très bien faire un diagnostic prénatal avec tous les problèmes que cela comporte, j’ai eu l’occasion d’envoyer à J Perez Jurado une famille où également il y a 2 enfants qui ont un syndrome de Williams et en fin de compte, il n’y a pas de relation entre les 2 cas. C’est chaque fois le hasard. Je vous conseille de faire ces études en biologie moléculaire, et vous aurez peut-être la surprise de voir, comme on l’a constaté pour cette famille qui a donc été étudié par une équipe de Barcelone, que, en fin de compte, non, il n’y a pas d’ancêtres communs. De plus il faut tout mettre en œuvre pour essayer d’établir un diagnostic pour le sujet qui n’est pas syndrome de Williams.

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